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DOSSIER : 20 ans chute du mur  www.ofaj.org 
     L’année 2009 est à plus d’un titre une année de commémorations pour l’histoire inter-allemande. Il y a soixante ans, en 1949, furent créés à partir des quatre zones d’occupation instaurées par les Alliés (USA, Grande-Bretagne, France, URSS) deux Etats allemands qui allaient durer quarante ans. Si la division de l’Allemagne à partir de 1949 fut d’abord de nature politique, elle prit aussi une forme «architecturale» et plus que jamais idéologique au plus tard à partir de 1961.

     En 1961, sous la direction de Walter Ulbricht, le gouvernement de la RDA fit construire un mur. Du 13 août 1961 au 9 novembre 1989, il coupa en deux la ville aux quatre secteurs, séparant Berlin-Ouest de Berlin-Est et de tout le territoire de la RDA entourant Berlin. Il devint l’un des symboles les plus éclatants du conflit Est-Ouest et de la division de l’Allemagne. Lors de leurs tentatives pour passer à Berlin-Ouest en franchissant les installations frontalières qui étaient longues de 167,8 km et extrêmement bien surveillées, de nombreuses personnes trouvèrent la mort. Le nombre exact des victimes du Mur est controversé, selon les recherches actuelles il se situe entre 125 et 206 morts. Pendant 28 ans, le Mur, qualifié du doux euphémisme de «mur de protection antifasciste» par la propagande est-allemande, constitua une partie de la frontière inter-allemande. En 1989, 40 ans après la création des deux Etats allemands en 1949, le Mur tomba. 2009 est donc non seulement la date anniversaire de la division officielle de l’Allemagne en deux Etats allemands aux orientations politique et idéologique radicalement différentes mais aussi celle de la fin de cette division, qui commença le 9 novembre 1989, le jour où le Mur tomba.

Dans la première partie vous trouverez quelques faits et dates importants concernant le Mur, et dans la deuxième partie un aperçu historique sur la construction et sur la chute du Mur axé sur les années 1949, 1961 et 1989. Enfin, nous vous présenterons quelques personnalités et leurs propos célèbres au sujet du Mur. Dans un glossaire figurent les principales abréviations concernant l’histoire de la RDA et l’histoire du Mur. Dans la troisième partie, vous trouverez d'intéressants conseils de lecture et des titres de films.

Un mur qui coupait l’Allemagne en deux : faits et chiffres sur la frontiÈre inter-allemande
      
Le Mur exista pendant vingt-neuf ans. Sa construction commença dans la nuit du 13 août 1961, sa destruction officielle commença le 13 juin 1990. Depuis le début de sa construction le 13 août 1961, le Mur ne cessa d’être agrandi.

     La frontière inter-allemande s’étendait en tout sur 155 km. A lui seul le Mur qui divisait Berlin en deux faisait 43 km de long. Le Mur coupait en tout 192 rues, huit lignes de RER, quatre lignes de métro et trois autoroutes. Avec la construction du Mur, les 2,5 millions d’habitants que comptait Berlin-Ouest se retrouvèrent en quelque sorte enfermés dans un ghetto. Ils ne pouvaient se rendre en Allemagne fédérale qu’en empruntant des autoroutes de transit étroitement surveillées. Aller en Allemagne fédérale pouvait prendre 24 heures. Selon la situation politique du moment, les contrôles étaient plus ou moins stricts, et souvent effectués dans des conditions humiliantes. Les Berlinois de l’Ouest n’avaient le droit de franchir la frontière qu’à 14 points de passage situés entre autres Bornholmer Straße, Chausseestraße, Invalidenstraße, gare de la Friedrichstraße, Friedrichstraße (Checkpoint Charlie), Heinrich-Heine-Straße, Sonnenallee et au pont appelé Oberbaumbrücke. Il y avait en outre quatre points de passage sur des lignes de chemin de fer et huit sur des voies navigables. Celui qui voulait fuir l’Est pour passer à l’Ouest en franchissant le Mur, en était empêché par la force. Environ 2300 soldats surveillaient quotidiennement le Mur du haut de 302 miradors et à l’aide de 259 chiens de garde. Ils avaient l’ordre formel de tirer et obtenaient même souvent des primes en cas de zèle. Les sources officielles font état d’au moins 86 morts. Mais les chercheurs et les associations des droits de l’Homme disent qu’il y a peut-être eu jusqu’à 235 victimes. Le premier fugitif qui fut tué par balle le 24 août 1961 en voulant franchir le Mur s’appelait Günter Liftin, il avait 24 ans. La dernière victime du Mur s’appelait Chris Gueffroy, il avait 20 ans, il fut tué par balles le 5 février 1989 au bord du canal appelé aujourd’hui Britzer Verbindungskanal. 16 gardes-frontières est-allemands furent tués pendant leur service. La frontière entre l’Est et l’Ouest fit environ 1000 morts. En tout, 75 000 citoyens est-allemands furent arrêtés, jugés et condamnés par les tribunaux pour avoir voulu "fuir la République" ou pour avoir aidé à la fuir.      Comment en est-on arrivé à la construction du Mur et en particulier à sa chute ?

 haut de page
  
Chronique d’un mur : 1949-1961-1989
 

     Trois dates-clés marquent l’histoire de la division de l’Allemagne et de la construction du Mur ainsi que de sa chute.

1949 : création de deux Etats allemands
1961 : construction du Mur par le gouvernement est-allemand
1989 : chute du Mur

     Dans la chronologie qui suit, vous retrouverez ces trois dates-clés et les principaux événements de ces trois périodes de l’histoire allemande.

1949 : les zones d’occupation, les deux Etats allemands et la préhistoire du Mur

     En 1945, à la fin de la deuxième guerre mondiale, l’Allemagne fut divisée en quatre zones d’occupation qui étaient contrôlées et administrées par les Alliés à savoir les USA, l’Union soviétique, la Grande-Bretagne et la France. Parallèlement, on divisa aussi l’ancienne capitale du Reich en quatre secteurs. Les tensions politiques suivirent cette division furent qualifiées un peu plus tard de «guerre froide». Le 23 mai 1949, à partir des trois zones occidentales, on créa la République fédérale d’Allemagne (RFA) et le 7 octobre de la même année, en réaction à cet événement, on créa la République démocratique allemande (RDA) à partir de la zone d’occupation soviétique («SBZ» en allemand). Berlin avait le statut d’une ville démilitarisée divisée en quatre secteurs et devait rester indépendante des deux Etats allemands. En réalité, il en alla tout autrement : lors de la création de la RDA, placée sous l’hégémonie soviétique, Berlin-Est fut décrétée capitale du nouvel Etat, en violation des traités. Plus tard, la ville de Berlin fut même appelée "capitale de la RDA".
 
     Le 7 octobre 1949 fut créée la RDA, le "deuxième Etat allemand" après la RFA et la „constitution de la République démocratique allemande“ entra en vigueur.

     On peut certes lire dans l’article 1 de la constitution que "L’Allemagne est une république démocratique indivisible" mais dans les faits, on instaura dans cette République un ordre politique et économique intégralement copié sur le modèle de l’Union soviétique. Le nom même du nouvel Etat était un programme politique destiné à la RFA et aux citoyens de RDA. On refusait toute conception de séparation des pouvoirs et par démocratie, on entendait l’exercice illimité de la souveraineté populaire par la Chambre du peuple élue par le peuple, le parlement de la RDA. Lors de la création de la RDA, Berlin fut proclamée capitale du nouvel Etat. Le premier président de la RDA fut Wilhelm Pieck. A sa mort en 1960, le poste de président de la RDA ne fut plus pourvu. Au lieu de cela, la Chambre du peuple décida le 12 septembre 1960 la création d’un Conseil d’Etat de la RDA. Il comptait 16 membres et constituait l’organe politique le plus important de la République. Il était élu pour 5 ans par la Chambre du peuple et assumait des tâches et des fonctions qui lui furent attribuées par la constitution ou par d’autres lois. C’est Walter Ulbricht, premier secrétaire du comité central du SED, qui fut élu président du Conseil d’Etat et qui devint ainsi le chef suprême de la RDA.


     Depuis la création de la RDA, nombre de ses citoyens fuyaient en Allemagne fédérale, par des voies souvent insolites et au péril de leur vie. Depuis 1952, la frontière inter-allemande avait été consolidée par la RDA au moyen de clôtures, d’installations de surveillance et de systèmes d'alarme. Dès cette époque, la direction du SED songea à verrouiller aussi la frontière avec Berlin-Ouest. Mais elle avait besoin de l’accord de l’Union soviétique et de plus, à cette époque-là, un verrouillage n’était pas possible techniquement. La société des chemins de fer de la RDA avait encore besoin de faire passer ses trains par Berlin-Ouest. De plus, avec ses 45 km, la frontière entre les secteurs qui faisait aussi office de frontière entre Berlin-Ouest et Berlin-Est était trop longue pour pouvoir être contrôlée efficacement. Elle resta donc ouverte dans un premier temps. Entre 1945 et 1961 (construction du Mur), environ 3,5 millions de personnes quittèrent la zone d’occupation soviétique puis la RDA. Les fugitifs étaient souvent des gens jeunes et très qualifiés. Cet exode mettait donc en péril non seulement la puissance économique de la RDA mais l'existence même de cet Etat. En plus des «fugitifs de la République», les «contrebandiers» représentaient un grave problème pour les dirigeants de la RDA. Sur le marché des devises, de nombreux Berlinois de l’Ouest se procuraient facilement des marks de l’Est et pouvaient ainsi acheter à Berlin-Est les produits alimentaires de base et les produits de consommation qui étaient moins chers qu’à l‘Ouest. Cela aussi contribuait à l’affaiblissement du système économique planifié de la RDA. Il fallait donc que les dirigeants est-allemands trouvent rapidement une solution durable à tous ces problèmes.
 
     L’économie planifiée caractérise un système économique où c’est l’Etat qui planifie et dirige les processus économiques de façon centralisée. On commence par analyser les besoins économiques qui apparaissent et ceux auxquels il faut s’attendre. Au cours de la période concernée par la planification (3, 5 ou 10 ans), sont mis en circulation les biens économiques nécessaires afin de satisfaire ces besoins. La condition préalable est que l’Etat dispose largement de moyens de production et de main-d’œuvre, celle-ci bénéficie d’un emploi garanti mais d'une liberté limitée quant au choix du lieu de travail. Ces conceptions étaient opposées à celles de la RFA où régnait l’économie libre de marché. Comme l’économie est-allemande était planifiée alors que l’Allemagne fédérale pratiquait l’économie libre de marché, les différences entre les deux Etats étaient non seulement politiques mais aussi économiques.
1961 : la construction du Mur     La solution durable fut la construction du Mur de Berlin. Ce projet fut d’abord un secret d’Etat bien gardé par le gouvernement est-allemand. C’est la direction du SED qui ordonna la construction du Mur. Les travaux furent surveillés de la façon la plus stricte par la police populaire (Volkspolizei) et par les soldats de l’armée populaire nationale («NVA» en allemand).«Personne n’a l'intention de construire un mur.¹»

     Cependant Walter Ulbricht, président du Conseil d’Etat de RDA, déclara lors d’une conférence de presse internationale le 15 juin 1961 à Berlin-Est qu’il n’était pas prévu de construire un mur. A la question posée par une journaliste de la Frankfurter Rundschau : « Monsieur le Président, j’aimerais vous poser une question complémentaire : la création d’une ville libre signifie-t-elle selon vous que la frontière de l’Etat soit érigée à la porte de Brandebourg ? Et êtes-vous décidé à y faire face avec toutes les conséquences ? »

     Walter Ulbricht répondit ainsi : «Si je comprends bien votre question, il y a en Allemagne de l’Ouest des gens qui souhaitent que nous mobilisions les ouvriers du bâtiment de la capitale de la RDA pour construire un mur ? Eh bien, que je sache, un tel projet n’existe pas, puisque les ouvriers du bâtiment de la capitale se consacrent à la construction de logements et que nous avons besoin de toute leur force de travail. Personne n'a l'intention de construire un mur.1

     Voilà comment Walter Ulbricht prononça le mot décisif puisqu’il fut le premier à utiliser le terme de « mur » dans ce contexte, deux mois à peine avant sa construction. Cela montre aussi que le projet de construction du Mur était déjà prêt depuis longtemps.
     Source iconographique : "Anika Möbus" / www.jugendfotos.de, CCdeDE,
License(by) http://creativecommons.org/licenses/by/2.0/de/deed.de

     Enfin, le 12 août 1961, fut prise la décision officielle du conseil des ministres de la RDA concernant les mesures visant à fermer la frontière entre les secteurs oriental et occidentaux de Berlin.

 
     «(...) Pour mettre un terme aux activités hostiles des forces revanchardes et militaristes de l’Allemagne de l’Ouest et de Berlin-Ouest est introduit un contrôle aux frontières de la République démocratique allemande y compris à la frontière des secteurs occidentaux du Grand Berlin, comme c'est l'usage aux frontières de tout Etat souverain. Il faut assurer aux frontières avec Berlin-Ouest une surveillance fiable et un contrôle efficace afin de stopper le travail de sape. Les citoyens de la République démocratique allemande n’auront désormais le droit de franchir ces frontières qu’avec une autorisation spécifique. Aussi longtemps que Berlin-Ouest ne sera pas devenue une ville libre, démilitarisée et neutre, les citoyens de la capitale de la République démocratique allemande auront besoin d’une autorisation particulière pour franchir les frontières avec Berlin-Ouest. Les citoyens de Berlin-Ouest animés d’intentions pacifiques pourront se rendre dans la capitale de République démocratique allemande (le Berlin démocratique) sur présentation de la carte d’identité ouest-berlinoise. Les hommes politiques revanchards et les agents du militarisme ouest-allemand n'auront pas le droit se rendre dans la capitale de la RDA (le Berlin démocratique). Pour la visite des citoyens de la République fédérale ouest-allemande dans le Berlin démocratique, les modalités de contrôle antérieures restent en vigueur. L’entrée de citoyens d’autres Etats dans la capitale de la République démocratique allemande n’est pas concernée par ces modalités.»


Le langage de cet extrait est éloquent :

     Les dirigeants de la RDA partent du principe que «les activités (…) hostiles des forces revanchardes et militaristes d’Allemagne de l’Ouest et de Berlin-Ouest» rendent nécessaire le verrouillage de la frontière. Mais dans ce texte apparaît aussi une contradiction : l’interdiction totale de franchir la frontière concerne en effet surtout les citoyens est-allemands, alors que les habitants de Berlin-Ouest et d’Allemagne de l’Ouest «animés d’intentions pacifiques» auront le droit de se rendre en RDA en présentant leur carte d’identité.

     Dans la nuit du 12 au 13 août 1961, l’armée populaire nationale ainsi qu’environ 15 000 membres de la police allemande des frontières (qu'on appellera plus tard troupes frontalières), des gardes mobiles (Schutzpolizei), de la police populaire et des unités paramilitaires des entreprises (Betriebskampfgruppen) commencèrent à bloquer les rues et les rails menant à Berlin-Ouest. Aux points de passage des Alliés, des troupes soviétiques se tenaient prêtes à intervenir. A quelques exceptions près, toutes les voies de communication encore existantes entre les deux parties de Berlin furent interrompues. C’est Erich Honecker, le secrétaire du comité central responsable à l'époque des questions de sécurité, qui fut chargé de la planification et de la mise en œuvre de la construction du Mur. Le 13 août, on commença par verrouiller «seulement» la frontière entre les secteurs. On se contenta souvent dans un premier temps d’installer des grillages ou de murer des entrées de maison.

     Dans les jours qui suivirent la construction du Mur eurent encore lieu de nombreuses tentatives de fuite. Les gens passaient par exemple par les fenêtres des maisons donnant directement sur la frontière, où on murait peu à peu les fenêtres des étages inférieurs… Plus tard, ces maisons furent entièrement démolies. Jusqu’en septembre 1961, rien que dans les troupes affectées à la sécurité, 85 hommes désertèrent pour fuir à Berlin-Ouest. En tout, 400 personnes prirent la fuite. Dans les médias, on vit des images de fugitifs descendre des maisons bordant la frontière à l’aide de draps de lit et celle d’un garde-frontière sautant par-dessus les barbelés. Dans une allocution radiophonique, le chancelier ouest-allemand Konrad Adenauer appela la population à garder son calme et sa réserve. Il promit de prendre des mesures après consultation avec les Alliés. Les gens furent déçus qu’il ne vienne à Berlin-Ouest que deux semaines après la construction du Mur. Le 16 août 1961, Willy Brandt, le maire de Berlin-Ouest, s'insurgea contre la construction du Mur lors d’une manifestation de protestations devant la mairie de Schöneberg qui rassembla 300 000 Berlinois de l'Ouest. Mais finalement, il était lui aussi impuissant face à l’emmurement de Berlin-Ouest et à sa division définitive. C’est surtout pour les Berlinois de l’Ouest que cette situation était insupportable. Ils ne pouvaient déjà plus se rendre librement en RDA depuis le 1er juin 1952. Désormais ils semblaient être plus prisonniers que jamais dans leur propre ville. En 1963, l’accord sur le certificat de passage entre les deux gouvernements permit certes à des centaines de milliers d'habitants de Berlin-Ouest de rendre visite à leur famille de Berlin-Est pour les fêtes de fin d’année. Mais les mesures de verrouillage de la frontière furent encore renforcées par la RDA. Le 12 juin 1968, fut introduite par exemple l’obligation de passeport et de visa pour la circulation de transit sur le territoire est-allemand entre Berlin-Ouest et la République fédérale d’Allemagne. Etant donné le verrouillage de l’ancienne capitale allemande et le strict système de surveillance à la frontière entre les deux Etats allemands, la division de l’Allemagne semblait devenue définitive.

     Dans la propagande de la RDA, le Mur fut fêté comme une grande conquête du socialisme. «Le mur de protection antifasciste», comme l’appelaient les dirigeants de la RDA, était censé protéger la RDA de l’exode, du noyautage, de l’espionnage, de la contrebande, du sabotage, de la liquidation et des agressions entrepris par l'Ouest.

     En RDA, il était strictement interdit de parler de ces sujets-là, on risquait de lourdes peines. A partir du début des années 70, c’est surtout le chancelier ouest-allemand Willy Brandt qui s’efforça de provoquer un rapprochement entre les deux Etats. Sa «Ostpolitik» (politique d'ouverture à l’Est) consista en «un changement par le rapprochement» dans le domaine des relations inter-allemandes. Les relations entre la RDA et la RFA s‘améliorèrent grâce à la signature de nombreux traités. Dans les années qui suivirent, certains groupes de population purent passer plus facilement la frontière entre les deux Etats, en particulier les groupes «improductifs» comme les retraités. On permit aussi aux citoyens de RFA habitant les zones frontalières de se rendre en RDA.

 «Comme parqué entre les murs d’un cachot
Wolf Biermann gît entre les murs de cette ville
De ses crocs jaunes il ne peut mordre que
Des pierres et il en a plein le dos.»

     Dans les années 70, beaucoup d’artistes célèbres quittèrent la RDA. La déchéance de nationalité qui frappa en 1976 le chanteur Wolf Biermann, pour avoir ouvertement critiqué la RDA lors d’une tournée en Allemagne de l’Ouest, entraîna de violentes protestations de la part de nombreux artistes et des cercles de dissidents en RDA. Lors des mois et des années qui suivirent, quittèrent la RDA, entre autres, la chanteuse Nina Hagen, l’écrivain Rainer Kunze et les acteurs Armin Müller-Stahl et Manfred Krug afin de poursuivre leur carrière à l’Ouest.
 
   
La "fuite de la République" et les accords d’Helsinki (CSCE)

     Conformément au code pénal est-allemand de 1968, franchir illégalement la frontière pouvait être sanctionné d'une peine allant jusqu’à cinq ans d’emprisonnement. En RDA, quitter son pays était considéré comme un délit. La liberté de circulation, à laquelle la RDA s’était engagée entre autres en signant les accords d’Helsinki (Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe) en 1975, était en réalité extrêmement limitée dans ce pays. A partir de 1971, les citoyens de RDA purent se rendre en Tchécoslovaquie et en Pologne sans passeport et sans visa. Suite à la «directive sur les voyages des citoyens de la République démocratique allemande» du 30 novembre 1988, ils purent se rendre avec un visa dans un petit nombre de pays socialistes comme la Bulgarie, la Hongrie, la Roumanie et l’URSS. Pourtant, normalement, selon l’article 13,2 des accords d’Helsinki «tout être humain a le droit de quitter un pays y compris le sien et de retourner dans son pays.» Mais ce droit était régulièrement refusé aux citoyens de RDA par leurs dirigeants. C’est pourquoi les accords d'Helsinki constituèrent la base du travail du mouvement des droits de l’Homme en RDA qui en appelait à l’article 13,2 et au droit de libre circulation.

1989 : la chute du Mur et le processus de réunification     Depuis le début des années 80, un objectif politique et économique majeur des dirigeants était de conserver à la RDA sa position dominante dans le bloc de l’Est quant au progrès technique et également de se procurer des devises sur le marché mondial. La RDA en avait surtout besoin afin d'importer des matières premières pour son industrie et d'approvisionner la population en produits courants. Les ressources limitées et le système d’économie planifiée très figé de la RDA permettaient de moins en moins d’y parvenir. C’est grâce aux crédits ouest-allemands de plusieurs milliards de marks que la RDA échappa à un effondrement économique dans les années 80. Cependant les dirigeants est-allemands n’étaient pas prêts à faire les réformes qui devenaient pourtant de plus en plus urgentes. En politique extérieure, le président du Conseil d’Etat pouvait se considérer comme étant au sommet de sa gloire car il était invité dans de nombreux pays ouest-européens et il reçut en RDA des chefs d’Etat du monde entier. En septembre 1987, il effectua une visite en RFA :
 «Le Mur existera encore dans 50 et dans 100 ans, si les raisons de son existence n’ont toujours pas disparu.»

     Mais derrière cette façade, la stabilité interne du régime s’effritait. En 1985, Mikhaïl Gorbatchev était arrivé au pouvoir en URSS et sa politique de glasnost et de perestroika mettait les dirigeants communistes de la RDA de plus en plus sous pression. Le SED (parti socialiste unifié d’Allemagne) affirmait désormais que contrairement à l’URSS, la RDA n’avait pas besoin de réformes politiques et économiques, parce que celles-ci avaient déjà été effectuées. Pour la première fois, face au «grand frère (socialiste)», les dirigeants est-allemands choisirent la confrontation, en prônant un «socialisme aux couleurs de la RDA».
 «Celui qui réagit trop tard est puni par la vie.»

     La population est-allemande ressentait de plus en plus durement la stagnation de l’économie, et de la politique sociale et culturelle. L'insatisfaction croissait ; des couches de plus en plus larges de la population ne comprenaient pas la politique de leurs dirigeants. En refusant brutalement la politique de réformes soviétique, en condamnant sans nuance le mouvement démocratique chinois, en s’obstinant à maintenir le Mur encore 100 ans (citation de Erich Honecker) et en falsifiant ouvertement par exemple les résultats des élections municipales de mai 1989, les dirigeants est-allemands perdirent la confiance d’une grande partie de la population. Les critiques se firent de plus en plus fortes.

     C’était le début de la fin. Cela commença par des manifestations de masse, surtout avec les manifestations du lundi de Leipzig devenues célèbres, auxquelles succédèrent de nombreuses autres dans d’autres villes est-allemandes. Depuis septembre 1989, lors de manifestations pacifiques où retentissait le slogan «Nous sommes le peuple», de plus en plus de citoyens réclamaient la liberté de voyager et protestaient contre le système politique. De plus, un grand nombre de citoyens est-allemands continuaient à «fuir la République». Depuis l’été, des milliers d’entre eux fuyaient en se réfugiant dans les ambassades occidentales des capitales est-européennes (surtout Prague et Varsovie) ou en passant par la Hongrie qui avait ouvert sa frontière avec l’Autriche depuis le 11 septembre 1989 ou depuis début novembre, directement en passant par la Tchécoslovaquie.

 
   
Opposition et mouvement des droits de l’Homme en RDA

Il existait en RDA de nombreux mouvements d’opposition ayant en partie des objectifs très différents. Certains d’entre eux aspiraient à la création d’un Etat de droit libéral sur le modèle de la RFA, d’autres réclamaient une réforme démocratique du système socialiste.

Les défenseurs des droits de l’Homme en RDA étaient sans arrêt surveillés par la Stasi (police politique) et subissaient souvent une sévère répression. L’un des opposants les plus célèbres à part Wolf Biermann s’appelait Robert Havemann (1910-1982), il fut assigné à résidence pendant trois ans pour avoir critiqué le régime. Sa maison et sa famille étaient surveillées 24 h sur 24 par la Stasi.

A la fin des années 80, les groupes d’opposants se formèrent souvent en se mettant sous la protection des Eglises. Cela avait commencé entre autres avec le mouvement pacifiste de RDA. A cette époque, des opposants créérent des partis politiques et des organisations qui prirent la tête du mouvement protestataire pacifiste. Nommons en particulier le Neues Forum (Nouveau Forum), Demokratischer Aufbruch (Renouveau démocratique) et Demokratie jetzt (Démocratie maintenant). En 1991, une partie de ces mouvements citoyens constitua la Bündnis 90 (Alliance 90).

     En raison de tous ces événements fut publié le 6 novembre le projet d’une nouvelle loi sur les voyages qui fit d'abord l’objet de vives critiques. Entre-temps le gouvernement tchécoslovaque commençait à critiquer de plus en plus vivement l’exode des citoyens est-allemands qui passaient par son pays. Cela amena le bureau politique du comité central du SED à présenter le 7 novembre une directive sur la sortie définitive du territoire. Le projet de cette résolution ne devait cependant être publié que le 10 novembre et ce ne devait être qu’une directive provisoire. Le 9 novembre, le ministère de la Justice fit opposition à ce projet qui fut donc discuté au comité central dans l’après-midi du 9 novembre et légèrement modifié. Ce document modifié de façon manuscrite fut remis par Egon Krenz, le secrétaire du comité central chargé des questions de sécurité, à Günter Schabowski, membre du bureau politique du SED, qui devait le lire lors de la conférence de presse portant sur les décisions du comité central. Mais Schabowski n’avait pas assisté aux précédentes délibérations du bureau politique ni du comité central. C'est la conférence de presse de Günter Schabowski, retransmise en direct à la télévision et très suivie, qui déclencha l’ouverture du Mur.

     A 18h53, le correspondant de l’agence de presse italienne ANSA, Riccardo Ehrmann, posa la question décisive au sujet de cette loi sur les voyages. Selon le procès-verbal de la conférence de presse, les paroles suivantes furent échangées : «Vous avez parlé d’erreurs. Ne croyez-vous pas que ce projet de loi sur les voyages que vous avez présenté il y a quelques jours était une grosse erreur ?»

     Schabowski répondit à cette question de façon vague emberlificotée et termina sa réponse ainsi : «Et c’est pourquoi nous avons décidé de prendre aujourd’hui une directive qui permet à tout citoyen de RDA de quitter le territoire en franchissant les points de passage de RDA.» A la question de Ehrmann : «Quand cela entre-t-il en vigueur ? Dès maintenant ?», Schabowski répondit en lisant le papier que Krenz lui avait remis : «On peut demander le droit d'effectuer des voyages privés à l'étranger sans conditions préalables, sans motifs ou relations familiales. Les autorisations seront accordées à court terme. Les services compétents (service des passeports et d'état-civil des bureaux cantonaux de la police populaire) de RDA ont la consigne de délivrer immédiatement des visas pour une sortie définitive de territoire sans aucune condition préalable. Les sorties de territoire définitives peuvent avoir lieu à tous les points de passage entre la RDA et la RFA...» Quand on lui reposa la question du moment de l’entrée en vigueur, Schabowski répondit : «D’après ce que je sais cela entre… tout de suite, immédiatement.» Et après qu’un journaliste eut posé deux fois la question : «Est-ce que c’est aussi valable pour Berlin-Ouest ?», Schabowski trouva enfin le passage correspondant du texte et lut : « La sortie définitive du territoire peut avoir lieu à tous les points de passage entre la RDA et la RFA ou Berlin-Ouest. »

 

     Les radios et télévisions ouest-allemandes répandirent tout de suite la nouvelle que le Mur était «ouvert». Plusieurs milliers de Berlinois de l’Est se rendirent alors aux points de passage et réclamèrent leur ouverture immédiate. Or les troupes frontalières et les unités responsables du contrôle des passeports du ministère de la Sécurité d’Etat n’avaient pas encore été informées. Des masses de plus en plus importantes de gens se rassemblèrent à tous les points de passage. Au point de passage de la Bornholmer Straße, où les gens étaient particulièrement nombreux à attendre l’ouverture de la frontière, c'est à 21h20 qu'on permit aux premiers Allemands de l’Est de passer à Berlin-Ouest. Comme le fonctionnaire responsable du point de passage craignait entre-temps pour la sécurité de ses hommes, vers 23h30, de sa propre initiative, il fit ouvrir le poste-frontière et stopper le contrôle des passeports. Rien qu’au poste-frontière de la Bornholmer Straße, environ 20000 personnes passèrent à Berlin-Ouest entre 23h30 et 0h15. A minuit, tous les postes-frontières situés dans la ville de Berlin étaient ouverts.

     Les citoyens est-allemands furent reçus avec enthousiasme par la population de Berlin-Ouest. Ils fêtèrent l’événement dans les bistrots situés non loin du Mur qui servirent de la bière gratuitement ; sur le Kurfürstendamm, il y eut des concerts de klaxon, des gens qui ne s’étaient jamais vus tombaient dans les bras l’un de l’autre. Les images des Berlinois de l’Est et de l’Ouest escaladant ce Mur jusque-là infranchissable avec des cris de joie sont à jamais gravées dans les mémoires. Le maire de Berlin-Ouest, Walter Momper, ordonna dès cette nuit-là de créer des places d’accueil supplémentaires pour les immigrants de RDA (Übersiedler) et le versement à chacun d’une «somme de bienvenue» de 100 DM. En apprenant la nouvelle, le Bundestag interrompit sa session. Le chef de la Chancellerie Rudolf Seiters lut une déclaration officielle du gouvernement ouest-allemand, les représentants de tous les partis célébrèrent l’événement dans leurs prises de parole et se levèrent pour chanter l’hymne national.Evolution de la situation après la chute du Mur     Après le 9 novembre, on continua à surveiller le Mur et à interdire aux gens de franchir la frontière illégalement en passant par la « bande de la mort ». Les premières semaines, les troupes frontalières tentèrent encore de boucher les trous creusés dans le Mur. Mais dans les semaines et les mois suivants, de plus en plus de points de passage furent ouverts. Le 24 décembre 1989, les citoyens ouest-allemands et les Berlinois de l'Ouest purent se rendre pour la première fois sans visa en RDA. Jusque-là, les anciennes directives sur l'obligation de visa et de change minimum étaient restées en vigueur.

     Le 1er juillet, l'Union monétaire entra en vigueur en 1990. On mit un terme à la surveillance du Mur et à tous les contrôles frontaliers. Alors qu'une partie du Mur avait déjà été détruite en raison de travaux sur les voies de chemin de fer, la destruction du mur à l'intérieur de Berlin fut terminée officiellement le 30 novembre 1990.

     Il resta six morceaux de mur qui furent conservés comme mémorial. Les derniers restes du Mur, en particulier ceux de la frontière entre Berlin et le Brandebourg, disparurent en novembre 1991.

 

Un morceau du Mur à Paris

     Le 29 juin 2009, Klaus Wowereit, maire de Berlin et représentant de la République fédérale pour la culture dans le cadre du traité sur la coopération franco-allemande remit à Bertrand Delanoë, maire de Paris, un morceau du Mur de Berlin.
Cela eut lieu solennellement sur l'Esplanade du 9 Novembre 1989 à Paris. 150 élèves berlinois et parisiens étaient présents à cette cérémonie. Auparavant ils avaient remis aux deux maires une liste de propositions visant à améliorer les relations entre les jeunes Allemands et Français qu'ils avaient formulées ensemble lors d'un workshop à la mairie de Paris. L'OFAJ était co-organisateur de cette manifestation.

     L'Allemagne fêta sa réunification dans le traité d'unification.
     Le 3 octobre fut déclaré « Jour de l'unité allemande ». Les cinq Länder (le Brandebourg, le Mecklembourg-Poméranie occidentale, la Saxe, la Saxe-Anhalt et la Thuringe) furent recréés, la nouvelle Allemagne comptait désormais 16 Länder. La ville réunifiée de Berlin, symbole de la division et de la réunification des deux Etats allemands, fut déclarée capitale de l'Allemagne.

«Grâce à nos efforts communs, nous parviendrons à transformer le Mecklembourg-Poméranie occidentale, la Saxe-Anhalt, le Brandebourg, la Saxe et la Thuringe en paysages fleurissants, où il fait bon vivre et travailler.»
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Propos de personnalitÉs sur la construction et sur la chute du Mur

Dans le chapitre précédent vous avez pu lire quelques propos sur l'histoire du Mur. Vous découvrirez ici quelles personnalités les ont prononcés et quand.
« Personne n'envisage de construire un mur.»
(Walter Ulbricht, 15 juin1961)
 
     Walter Ulbrich est né le 30 juin 1893 à Leipzig. C'était un homme politique communiste et il fut pendant de longues années président du Conseil d'Etat de RDA. En 1945, il rentra de son exil français puis soviétique en Allemagne et entra en 1946 au comité central du SED. De 1946 à 1950, il fut membre du secrétariat central de la direction du parti et vice-président du parti. Après la création de la République démocratique allemande (RDA), Ulbricht joua un rôle prépondérant dans l'édification de l'Etat socialiste allemand. De 1960 à 1973, il fut président du Conseil d'Etat de RDA, ce qui était la fonction suprême dans ce pays. En 1971, il fut remplacé par Erich Honecker. Il mourut le 1er août 1973 à Berlin-Est.
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«Le Mur existera encore dans 50 et dans 100 ans, si les raisons de son existence n’ont toujours pas disparu.»
(Erich Honecker, Berlin, 19 janvier 1989)
 
     Erich Honecker naquit en Sarre en 1912. C'était un homme politique communiste ; il fut longtemps secrétaire général du comité central du SED et président du Conseil d'Etat de RDA. En tant que secrétaire chargé des questions de sécurité au comité central du SED, c'est Honecker qui fut responsable de la planification du Mur et de sa construction à partir du 13 août 1961. Après la chute du Mur, on émit un mandat d'arrêt contre lui pour abus de pouvoir et haute trahison et il fut arrêté en janvier 1990 par des policiers est-allemands. Le couple Honecker réussit à se réfugier dans un hôpital militaire soviétique et partit quelques mois plus tard pour Moscou. Lorsqu'il apparut que les dirigeants soviétiques, Gorbatchev puis le nouveau président russe Boris Jelzin, ne protégeraient plus leur ancien allié, il se réfugia à l'ambassade du Chili avec sa femme Margot. Le 29 juillet 1992, en raison du mandat d'arrêt en République fédérale, il fut expulsé de l'ambassade du Chili, sous les protestations des soldats russes, et extradé vers l'Allemagne. Il fut accusé de 68 cas d'homicide et de tentatives d'homicide en raison de l'ordre de tirer sur les fugitifs donné aux troupes frontalières à la frontière inter-allemande. En 1993, Honecker sortit de prison. Le jour même, il s'envola pour le Chili pour rejoindre sa fille Sonja, qui vivait dans ce pays avec son mari chilien et son fils. C'est là qu'il mourut du cancer le 29 mai 1994 à l'âge de 81 ans.
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« Maintenant doit grandir ensemble ce qui est fait pour vivre ensemble. »
(phrase attribuée à Willy Brandt, 10 novembre 1989)
 
     Willy Brandt, né en 1913, était un homme politique social-démocrate. Il fut maire de Berlin à l'époque du Mur (1957-1966), puis ministre des Affaires étrangères de 1966 à 1969 et il fut le quatrième chancelier d'Allemagne fédérale entre 1969 et 1974. Pendant son mandat de chancelier, il contribua par sa « Ostpolitik » (politique d'ouverture à l'Est) au rapprochement avec l'Union soviétique et la RDA. En 1971, il reçut le prix Nobel de la paix pour son engagement politique. C'est sa politique de rapprochement avec la RDA qui, à long terme, ouvrit la voie de la réunification.     Cette phrase est en général attribuée à Willy Brandt. Il l'aurait prononcée lors d'un discours devant la mairie de Schöneberg le 10 novembre. Mais elle n'apparaît dans aucun enregistrement sonore.
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« Celui qui réagit trop tard est puni par la vie. »
(Mikhaïl Gorbatchev, 1989)
 
     Mikhaïl Gorbatchev est né en 1931 en Union soviétique. C'est un homme politique russe. Il fut secrétaire général du comité central du parti communiste d'Union soviétique (PCUS) de mars 1985 à août 1991 et président de l'Union soviétique de mars 1990 à décembre 1991. Grâce à sa politique de glasnost (littéralement : transparence) et de perestroika (littéralement : réforme) et grâce à son attitude critique face aux dirigeants est-allemands, il permit la fin de la guerre froide. C'est pour cela qu'il obtint le prix Nobel de la paix en 1990.
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«Grâce à nos efforts communs, nous parviendrons à transformer le Mecklembourg-Poméranie occidentale, la Saxe-Anhalt, le Brandebourg, la Saxe et la Thuringe en paysages fleurissants, où il fait bon vivre et travailler.»
(Helmut Kohl, 1990)
 
     De 1969 à 1976, Helmut Kohl fut ministre-président du Land de Rhénanie-Palatinat et de 1982 à 1998, il fut le sixième chancelier fédéral. Il est né en 1930 et fait partie de l'Union chrétienne-démocrate (CDU). Pendant son mandat de chancelier, Kohl a joué un rôle majeur dans le processus de réunification de l'Allemagne et il a également contribué de façon prépondérante à l'unification européenne.
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Comme parqué entre les murs d’un cachot
Wolf Biermann gît entre les murs de cette ville
De ses crocs jaunes il ne peut mordre que
Des pierres et il en a plein le dos

(Wolf Biermann)
 
     Wolf Biermann est un chanteur et écrivain allemand. Il est né en 1936 à Hambourg. À dix-sept ans, à la fin de sa scolarité, il émigra en RDA. Au début des années soixante, en raison de ses textes et de ses mises en scène critiquant le régime, il lui fut interdit de se produire pendant six mois. Après des concerts en Allemagne fédérale en 1964 et 1965 et la publication de son recueil de poèmes intitulé La harpe de barbelés chez l'éditeur ouest-allemand Klaus Wagenbach en décembre 1965, le SED lui interdit de se produire et de publier dans toute la RDA. Après que Biermann eut critiqué la politique de la RDA lors d'un concert en Allemagne fédérale qui était retransmis en direct à la télévision ouest-allemande, le bureau politique du SED déchut Biermann de sa nationalité est-allemande «en raison d'une grave violation de ses devoirs de citoyen». De nombreux artistes jusque-là favorables au régime s'en distancièrent et protestèrent contre la déchéance de nationalité de Biermann. Au lieu de se montrer conciliants, les dirigeants est-allemands renforcèrent l'autoritarisme de leur politique culturelle, ce qui amena de nombreux artistes à quitter la RDA. La déchéance de nationalité de Biermann est considérée par beaucoup comme le début de la fin de la RDA. Wolf Biermann vit et travaille aujourd'hui dans le quartier d'Ottensen à Hambourg.
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Glossaire des abréviations concernant l’histoire de la RDA et la chute du Mur
 
SBZ (Sowjetische Besatzungszone)Zone d'occupation soviétique     Partie de l'Allemagne, y compris le secteur de Berlin, qui fut occupée et administrée par l'armée soviétique à la fin de la deuxième guerre mondiale. C'est ce territoire qui devint plus tard la RDA.

DDR (Deutsche Demokratische Republik)RDA (République démocratique allemande)     Désignation politique officielle de l'Etat créé le 7 octobre 1949 sur le territoire de l'ancienne zone d'occupation soviétique. La RDA a existé officiellement jusqu'à la réunification du 3 octobre 1990.

ZK der SED (Zentralkomitee der Sozialistischen Einheitspartei Deutschlands)Comité central du Parti socialiste unifié d'Allemagne     Organe suprême du SED. Tous les membres du parti ayant un grade élevé faisaient partie du comité central. La fonction de secrétaire général ou de premier secrétaire, qui était donc le poste politique le plus important en RDA, fut occupée successivement par Walter Ulbricht (1950-1971), Erich Honecker (1971-1989) et Egon Krenz (octobre – décembre 1989). Le parti socialiste unifié d'Allemagne était né en 1946 de la fusion forcée entre le SPD (parti social-démocrate allemand) et le KPD (parti communiste allemand). Sous l'influence de l'occupant soviétique, le SED devint ce qu'on appelait le «parti d'Etat», le parti dominant en RDA.

MfS / StaSi (Ministerium für Staatssicherheit / Stasi)Ministère de la Sécurité d'Etat, dit la Stasi     Services secrets de la RDA chargés de la sécurité intérieure et extérieure du pays et autorité chargée d'enquêter sur les délits et crimes politiques. Ce ministère avait été créé en 1950 et qualifié par la direction du SED de « bouclier et épée du parti ». Le ministre de la Sécurité d'Etat de novembre 1957 à novembre 1989 fut Erich Mielke.

FDJ (Freie Deutsche Jugend)Jeunesse libre allemande     Organisation de jeunesse socialiste de RDA. C'était une organisation de masse, complètement intégrée dans le système de formation et d'éducation socialiste (en 1989, 88% des jeunes faisaient partie de la FDJ ; cela faisait un total de 2,3 millions de membres). Elle fut créée en RDA le 24 février 1946, mais une organisation du même nom avait existé dans les années 30. L'organe suprême de la FDJ était le conseil central de la FDJ dont le siège se trouvait sur l'avenue Unter den Linden à Berlin, là où se trouvent aujourd'hui les bureaux de la ZDF. La direction de l'organisation était assurée par le premier secrétaire de la FDJ. Furent premiers secrétaires entre autres Erich Honecker (1946-1955) et Egon Krenz (1974-1983).

NVA (Nationale Volksarmee)Armée populaire nationale     Armée de la RDA de 1956 à 1990. En temps de paix, son commandant en chef était le ministre de la Défense nationale. Elle avait son siège à Strausberg près de Berlin. Le service militaire obligatoire durait 18 mois pour tous les jeunes hommes entre 18 et 26 ans. Jusqu'en 1964, il n'y eut pas de service civil. Plus tard, suite à l'insistance des Eglises, il fut possible d'effectuer son service sans arme comme soldat du bâtiment (Bausoldat). En général, les officiers de la NVA étaient membres du SED et soumis à la surveillance du ministère de la Sécurité d'Etat.

UdSSR (Union der Sozialistischen Sowjetrepubliken)URSS : Union des républiques socialistes soviétiques     En abrégé SU (Sowjetunion) ou Union soviétique : cet Etat à parti unique fut fondé en 1922, il comptait environ 300 millions d'habitants pour une superficie de plus de 22 millions de km2. La capitale de l'Union soviétique était Moscou. L'URSS fut dissoute dans les années 90 pour devenir la Fédération de Russie.

KpdSU (Kommunistische Partei der Sowjetunion)PCUS : Parti communiste de l'Union soviétique     Parti communiste soviétique issu du KPR (parti communiste russe). Depuis 1952, il s'appelait PCUS. Les fondements théoriques du parti étaient constitués par les écrits de Lénine. La direction du parti était assurée par le secrétaire général du comité central. Son dernier secrétaire général fut Mikhaïl Gorbatchev. En 1991, le PCUS fut interdit en Union soviétique.

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Liste de liens et de dossiers sur la RDA, la construction et la chute du Mur et sur les 20 ans de la chute du Mur
      
Vous trouverez ici un choix de pages Internet intéressantes ayant pour thèmes le Mur, son histoire et sa chute ainsi que des dossiers figurant sur des sites institutionnels.

http://www.deutschlandtourismus.de/
Site de l'Office allemand du tourisme avec un concours de photos à l'occasion de la commémoration des 20 ans de la chute du Mur

http://www.bpb.de/themen/
Histoire de la RDA sur le site de l'Office central de la formation du citoyen (Bundeszentrale für politische Bildung)

http://www.berlin.de/mauer/index.de.html
Pages concernant le Mur sur le site du Sénat berlinois

http://www.chronikdermauer.de/index.php/de/Chronical/Index
Chronique du Mur réalisée par l'Office central de la formation du citoyen (Bundeszentrale der politischen Bildung) et la Deutschlandradio

http://www.jugendopposition.de/index.php?id=1
Informations sur la jeunesse et les mouvements de jeunes opposants en RDA présentées par la Fondation Robert Havemann et l'Office central de la formation du citoyen (Bundeszentrale für politische Bildung)

http://www.goethe.de/ges/pok/dos/dos/mau/deindex.htm
Dossier sur la chute du Mur réalisé par l'Institut Goethe

http://www.berlinermauerdokumentationszentrum.de/
Présentation Internet de la fondation Berliner Mauer

http://www.magazinedeutschland.de/de/themen/mauerfall.html
Dossier sur les 20 ans de la chute du Mur tiré des publications du ministère des Affaires étrangères, n° 3/2009

http://www.mauerfall09.de/
Présentation sur Internet de toutes les manifestations commémorant les 20 ans de la chute du Mur

http://www.berlin1989.com/
Exposition franco-allemande sur la chute du Mur réalisée à Paris avec le Deutsches Historisches Museum de Berlin

http://www.magazineparisberlin.com/
Numéro spécial du magazine Paris-Berlin sur les 20 ans de la chute du Mur

Pages Internet réalisées par des personnes privées sur la chute du Mur et l'histoire de la RDA http://de.geocities.com/ddr_kindererziehung/mauer/mauerbau.htmhttp://www.ddrbilder.de/Fotos/Mauerbau/Mauerb_G.htmhttp://www.ddrwissen.de/wiki/ddr.pl?Mauerbau

«Ma vie avec le Mur»
Romy Straßenburg et Eva John se sont mises à la recherche de femmes et d'hommes ayant vécu jusqu'en novembre 1989 avec et malgré le Murwww.arte.tv

Pour se distrairewww.myspace.com/traces_du_mur_de_berlin

Sur les traces du Mur : visiter Kreuzberg différemmenthttp://www.dfjw.org/de/media/video/videos_popup/19_video.htm

Vidéo sur l'« Opération Domino» pour les 20 ans de la chute du Murhttp://www.regierenkapieren.de/Webs/KW/DE/Spielen/60__20/60__20.html

Page Internet du gouvernement allemand avec un jeu sur l'histoire allemande et la chute du Mur «Que sais-tu sur la chute du Mur ?» et des informations sur les différentes commémorations des 20 ans après la chute du Murhttp://www.berlin.de/special/20_jahre_mauerfall/mauerquiz/

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titre de films

     Nous recommandons les films suivants à tous ceux qui s'intéressent à la RDA, au Mur et à sa chute :
Good Bye Lenin!
 
     Le classique du genre : cette tragi-comédie de 2002 (réalisateur Wolfgang Becker) raconte l'histoire d'Alex (joué par Daniel Brühl). La mère d'Alex (Katrin Saß) tombe dans le coma en octobre 1989 et ne peut donc pas vivre le tournant que constitue cette époque. Comme un nouvel infarctus pourrait la tuer, il faut lui éviter le moindre stress. Par amour pour sa mère qui était une communiste fervente, Alex fait donc ressusciter la RDA dans leur logement de 79 m2. Et ce n'est pas si simple car après le «tournant», il devient très difficile de se procurer les produits les plus banals de RDA (cornichons de la Spreewald, café Mokka Fix Gold) et de faire participer tous les parents et voisins à cette mascarade.
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Berlin is in Germany
 
     Ce film moins connu de 2001 est la première réalisation de Hannes Stöhr. L'ancien citoyen de RDA Martin Schulz (joué par Jörg Schüttauf) sort de prison en 2000. Il y a passé 11 ans pour meurtre. Il ne connaît l'Allemagne réunifiée que par la télévision, son ancienne vie a disparu. Entre-temps sa femme s'est remariée, il n'a jamais vu son fils Rokko et en raison de son passé de détenu, il a beaucoup de mal à retrouver du travail. Peu à peu, Martin reprend le dessus, il apprend à se repérer dans le Berlin réunifié et à trouver son équilibre entre le passé et le présent.
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Sonnenallee (L'allée du soleil)
 
     Ce film a été réalisé en 1998/99 par le metteur en scène de théâtre Leander Haussmann. Il traite d'une jeunesse tout à fait normale en RDA. Les seconds rôles de cette comédie sont interprétés par des acteurs célèbres comme Detlev Buck, Katharina Thalbach und Henry Hübchen. Le film est tiré du roman à succès de Thomas Brussig «Am kürzeren Ende der Sonnenallee». C'est l'histoire du jeune Michael Ehrenreich (joué par Alexander Scheer). Il a dix-sept ans et a toujours voulu devenir une pop-star. Mais en 1973, cela n'est pas facile car c'est à l'Ouest qu'on peut en devenir une et Michael n'a pas le droit de s'y rendre. Même si ce n'est pas loin. Il habite en effet dans la partie de la rue située à Berlin-Est, et dont l'autre partie se trouve à Berlin-Ouest. Le film fait le gentil portrait de la jeunesse est-allemande, de ses premiers amours, de son goût pour le rock'n roll avec le Mur en arrière-plan.
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Helden wie wir (littéralement : Des héros tels que nous)
 
     Un autre roman de Thomas Brussig est lui aussi devenu un film allemand à succès. Le film réalisé en 1999 par Sebastian Peterson raconte l'histoire de Klaus Uhltzscht.

     La naissance de Klaus dans une auberge villageoise du Vogtland est déjà placée sous le signe de l'Histoire : le soir du 20 août 1968, les chars envahissent Prague. Et la politique continue à jouer un rôle dans la vie plutôt terne de Klaus : il passe son enfance à Berlin-Est dans un HLM en béton rue Normannenstraße, juste en face du ministère de la Sécurité d'Etat. Pendant sa scolarité, le gentil élève et jeune pionnier se retrouve à côté du chef de la FDJ, Egon Krenz, à la une d'un grand magazine. Son choix professionnel l'amène à travailler pour la Stasi dès ses 18 ans. Depuis toujours, il est amoureux d'Yvonne, fille d'un dissident. Ils rêvent tous les deux d'un immense champ de tulipes près d'Amsterdam. Mais Amsterdam se trouve sur le territoire hostile de l'Ouest...

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Das Leben der Anderen (La vie des autres)
 
     Le film de Florian Henckel von Donnersmarck, qui reçut un Oscar en 2006, se passe à Berlin-Est en 1984. Le fonctionnaire de la Stasi Gerd Wiesler (joué par Ulrich Mühe), alias HGW XX/7, doit espionner le dramaturge est-allemand Georg Dreyman (Sebastian Koch) et sa compagne Christa Maria Sieland (Martina Gedeck). Il est face à un dilemme. Tout en observant avec acuité et en prenant des notes sur le milieu culturel dans lequel évolue le couple auquel il finit par s'attacher, il se retrouve en plein conflit : soit exercer correctement ses fonctions soit obéir aux valeurs morales et à sa conscience qu'il a fait taire jusqu'ici. «La vie des autres» a obtenu en 2008 le César du meilleur film étranger.
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Projets actuels de l'OFAJ sur les 20 ans de la chute du Mur


Date de création : 09/10/2009 - 08:59
Dernière modification : 09/10/2009 - 09:02
Catégorie : la chute du Mur de Berlin
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